Si les principes fondamentaux de la comptabilité sont les mêmes pour toutes les entreprises françaises — tenue d'un livre-journal, établissement de comptes annuels, conservation des pièces justificatives —, les obligations spécifiques varient considérablement selon le secteur d'activité. Un restaurateur, un artisan du BTP et un avocat ne sont pas soumis aux mêmes règles. Ce guide passe en revue les obligations comptables propres aux principaux secteurs pour vous aider à rester en conformité.
Commerce et négoce
Les entreprises de commerce de détail et de gros sont soumises à des obligations comptables renforcées en raison de la gestion des stocks et de la multiplicité des transactions.
- Inventaire physique annuel : l'article L123-12 du Code de commerce impose un inventaire au moins une fois par exercice. Chaque article en stock doit être compté, évalué et rapproché des écritures comptables
- Suivi des marges : les commerces doivent pouvoir justifier leurs marges par catégorie de produit, notamment en cas de contrôle fiscal sur les prix de transfert ou la TVA
- Gestion multi-taux de TVA : un commerce alimentaire peut appliquer simultanément le taux normal (20 %), le taux intermédiaire (10 %) et le taux réduit (5,5 %). La ventilation doit être irréprochable
- Caisse enregistreuse certifiée : depuis 2018, tout commerçant utilisant un logiciel de caisse doit disposer d'un système certifié NF525 ou équivalent, garantissant l'inaltérabilité des données
- Conservation des tickets Z : les récapitulatifs journaliers de caisse doivent être conservés pendant 10 ans comme pièces justificatives comptables
BTP et artisanat du bâtiment
Le secteur du bâtiment cumule des obligations comptables générales et des spécificités liées aux chantiers de longue durée, à la sous-traitance et aux taux de TVA spécifiques.
- Comptabilité par chantier : chaque chantier doit être suivi individuellement avec ses recettes, ses coûts directs (matériaux, main-d'œuvre, sous-traitance) et ses coûts indirects affectés. C'est indispensable pour calculer la marge par chantier
- Contrats à long terme : pour les chantiers s'étalant sur plusieurs exercices, la méthode de l'avancement est recommandée par le PCG. Le chiffre d'affaires est reconnu au fur et à mesure de l'avancement des travaux
- Autoliquidation de TVA : en sous-traitance BTP, la TVA est autoliquidée par le donneur d'ordre (article 283-2 nonies du CGI). La facture du sous-traitant ne mentionne pas de TVA mais porte la mention obligatoire correspondante
- Taux de TVA réduit : les travaux de rénovation dans des logements de plus de 2 ans bénéficient du taux réduit de 10 % (ou 5,5 % pour les travaux d'amélioration énergétique). L'attestation du client est obligatoire
- Garanties décennale et biennale : les provisions pour garanties doivent être correctement comptabilisées et suivies sur toute la durée de couverture
Professions libérales
Les professions libérales bénéficient d'un régime comptable simplifié dans la plupart des cas, mais certaines professions réglementées ont des obligations supplémentaires.
- Comptabilité de trésorerie : les professionnels libéraux relevant des BNC (Bénéfices Non Commerciaux) tiennent une comptabilité de trésorerie — les recettes et dépenses sont enregistrées à la date d'encaissement ou de décaissement, pas à la date de facturation
- Livre-journal des recettes et des dépenses : document obligatoire listant chronologiquement toutes les opérations professionnelles avec leur nature et leur montant
- Registre des immobilisations et amortissements : obligatoire pour les professionnels relevant de la déclaration contrôlée (2035)
- Professions réglementées : avocats, médecins, experts-comptables, architectes — chaque ordre professionnel peut imposer des obligations comptables spécifiques (maniement de fonds clients, comptes séquestres, etc.)
- TVA des professions médicales : les actes médicaux sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI), mais les dépassements d'honoraires et les actes esthétiques sont taxables. La ventilation doit être rigoureuse
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Restauration et hôtellerie
Le secteur CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants) est l'un des plus contrôlés par l'administration fiscale en raison de l'importance des paiements en espèces et de la complexité des taux de TVA applicables.
- Trois taux de TVA simultanés : 5,5 % sur les produits alimentaires à emporter, 10 % sur la restauration sur place et les boissons non alcoolisées, 20 % sur les boissons alcoolisées. La ventilation correcte est un enjeu majeur de conformité
- Caisse enregistreuse certifiée NF525 : obligatoire, avec conservation des données de caisse pendant 6 ans minimum
- Suivi du ratio matières : le ratio coût matières / chiffre d'affaires est un indicateur clé suivi par l'administration. Un ratio anormalement bas peut déclencher un contrôle
- Pourboires : depuis 2022, les pourboires versés par carte bancaire sont exonérés de charges sociales et d'impôt sur le revenu pour les salariés gagnant moins de 1,6 SMIC. La comptabilisation doit être distincte
- Inventaire des stocks périssables : les pertes et gaspillages alimentaires doivent être documentés et comptabilisés, notamment pour justifier les écarts d'inventaire
Conseil : quelle que soit votre activité, commencez par vérifier que votre plan comptable est adapté à votre secteur. Un plan comptable générique ne suffit pas pour les métiers avec des obligations spécifiques. Votre expert-comptable ou votre logiciel doit proposer un plan sectoriel.
E-commerce et services numériques
Le commerce en ligne et les entreprises de services numériques font face à des enjeux comptables spécifiques liés à la dématérialisation des transactions et à la dimension internationale de leur activité.
- TVA sur les ventes à distance (OSS) : depuis juillet 2021, le guichet unique OSS (One Stop Shop) simplifie la déclaration de TVA pour les ventes B2C dans l'UE au-delà de 10 000 € annuels. La TVA s'applique au taux du pays de l'acheteur
- Preuve électronique des ventes : en l'absence de ticket de caisse physique, les confirmations de commande, logs de paiement et bons de livraison constituent les pièces justificatives comptables
- Gestion des remboursements et avoirs : le volume de retours en e-commerce (15 à 30 % selon les secteurs) impose un suivi rigoureux des avoirs et de leur impact sur la TVA collectée
- Abonnements et revenus récurrents : la comptabilisation des revenus d'abonnement suit la méthode de l'étalement — le revenu est reconnu sur la période de service, pas à la date du paiement
- Marketplaces : si vous vendez via une marketplace (Amazon, Cdiscount), la plateforme collecte la TVA pour votre compte dans certains cas. La réconciliation comptable entre vos ventes directes et vos ventes marketplace est essentielle
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